HYPERACTIVITÉ VÉSICALE

Dans une enquête épidémiologique française par auto-questionnaire envoyé par courrier à 12 000 individus, la prévalence de l’hyperactivité vésicale (besoin de se précipiter aux toilettes pour uriner plusieurs fois par semaine ou par jour) a été évaluée à 13,6 % . L’hyperactivité vésicale prévalait chez les femmes (15,8 % versus 11,3 % chez les hommes), la population vieillissante, chez les personnes ayant un niveau d’étude inférieur au baccalauréat (16,0 % versus 10,0 % si niveau supérieur au bac) et chez les personnes vivant seules (14,7 % versus 13,0 %). La proportion de ces patients ayant consulté un médecin était de 42 % et avec une prédominance masculine (47 % versus 38 %). En revanche, seuls 7,2 % des patients ayant consulté étaient sous traitement au moment de l’enquête. Plus généralement, 87 % des patients ayant une hyperactivité vésicale n’avaient jamais été traités antérieurement pour leurs symptômes. Au regard des données épidémiologiques antérieures disponibles, les patients avec une hyperactivité vésicale semblent plus enclins à consulter pour leurs symptômes mais la prise en charge reste insatisfaisante en France. Les hommes semblent consulter plus facilement pour leurs troubles urinaires que les femmes, peut-être par crainte d’une pathologie sous-jacente, prostatique notamment.
Une seconde étude épidémiologique, belge, a étudié la prévalence des symptômes d’hyperactivité vésicale, d’incontinence urinaire à l’effort et de la gêne associée chez les femmes de plus de 40 ans . La principale différence de cette étude avec la précédente est qu’elle a été réalisée chez des patientes consultant en médecine générale et que les auto-questionnaires étaient distribués par des médecins généralistes. La population étudiée représentait 7 193 femmes de plus de 40 ans, dont 33,9 % présentaient des symptômes de contrôle vésical (définis par un sous-score B-SAQ des symptômes inférieur ou égal à 4, ou un sous-score de gêne supérieur ou égal à 1), 64 % déclaraient une « gêne dans une certaine mesure » et 52 % une urgenturie. L’incontinence urinaire d’effort affectait 17,7 % des femmes mais avec davantage de gêne ressentie que l’hyperactivité vésicale. Au total, 16,4 % des femmes se déclaraient modérément à largement gênées par leur vessie. Toutes les variables de cette étude étaient corrélées positivement à l’âge des patientes. Le taux de prévalence élevé de gêne vésicale soulignait la nécessité de sensibiliser les populations à une consultation et un diagnostic précoce.
L’équipe d’Angers a évalué prospectivement chez 29 patients l’efficacité de la stimulation nerveuse électrique transcutanée du nerf tibial dans le traitement de l’hyperactivité vésicale après échec d’un traitement anti-cholinergique . Après un mois de traitement, 34,5 % des patients avaient un amélioration significative de leur confort urinaire, objectivée par la baisse d’au moins 50 % des scores UPS et MHU. Dix patients répondeurs ont poursuivi la stimulation électrique transtibiale avec un suivi moyen de 7,3 mois, ce qui permettait de conclure à l’efficacité et à l’acceptabilité de cette technique à court terme dans le traitement de l’hyperactivité vésicale résistante au traitement anticholinergique.
L’équipe de la Pitié-Salpêtrière a présenté les résultats d’une cohorte de sept patients traités par cystectomie sus-trigonale, entérocystoplastie d’agrandissement et pose asynchrone d’un sphincter urinaire artificiel pour des séquelles vésico-sphinctériennes d’une radiothérapie prostatique . Cette stratégie a permis de traiter durablement le syndrome irritatif et l’incontinence urinaire post-radique pour cinq de ces sept patients. Les deux échecs ont été un décès à trois mois de suivi et une infection de manchette de sphincter. L’étape d’entérocystoplastie sur trigone radique s’est compliquée à huit reprises en postopératoire, dont 33 % de fistules vésico-cutanées. Le sphincter urinaire artificiel était implanté en moyenne deux ans après l’entérocystoplastie, sans complication. La cystectomie d’agrandissement sus-tirgonale avec implantation asynchrone d’un sphincter urinaire artificiel était le traitement chirurgical des séquelles vésico-sphinctériennes post-radiques offrant les meilleurs résultats fonctionnels au prix d’une morbidité importante.
 
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