Tabou incontinence urinaire

L'incontinence urinaire est de plus en plus fréquente avec le vieillissement, mais elle n'est pas pour autant inéluctable. Plusieurs professionnels de santé peuvent apporter des solutions, en terme de rééducation, de traitements médicamenteux ou chirurgical, ou tout simplement par des conseils d'hygiène de vie. Qui sont ces professionnels et quel est leur rôle ?

Si les femmes jeunes sont plus touchées que les hommes, avec l'âge, eux aussi subissent des troubles urinaires : la vessie se vide moins bien, les mictions nocturnes se multiplient, et les besoins se font sentir plus, voire trop tard. Et à tout âge, hommes comme femmes ont du mal à aborder le sujet avec leur médecin. Pourtant, ils sont plusieurs professionnels de santé à pouvoir intervenir.

Le médecin généraliste en première intention

Le généraliste, souvent aussi médecin traitant, constitue le premier interlocuteur en cas d'incontinence urinaire. Grâce à un interrogatoire précis, et à plusieurs examens, il peut dans un premier temps vérifier qu'il ne s'agit pas d'une cause infectieuse ou cancéreuse. Il peut aussi déterminer par exemple s'il s'agit d'une incontinence d'effort ou d'une hypersensibilité vésicale ; si, chez l'homme, c'est la prostate ou la vessie qui est en cause ; et donc quelle est la prise en charge la plus adaptée.

L'idéal pour faciliter le diagnostic du médecin est de préparer un calendrier mictionnel* (qui indique les heures et les volumes urinés, les possibles fuites, les heures de lever et de coucher, sur 24 heures). Mais ce n'est pas toujours facile à réaliser.

Les différents examens que peut pratiquer le généraliste sont l'échographie de la vessie et des reins, la réalisation d'une bandelette urinaire ou d'un ECBU, le toucher rectal, l'échographie de la prostate et le dosage du PSA** (prostatic specific antigen) pour les hommes, et d'autres tests sanguins (pour dépister un diabète par exemple). En fonction des résultats et des informations données par le patient, le généraliste saura s'il vaut mieux orienter celui-ci vers un autre professionnel de santé, lui donner certains conseils d'hygiène de vie, ou le traiter par divers médicaments (antimuscariniques, anticholinergiques, alpha-bloquants...). Les doses doivent alors être adaptées aux personnes âgées, en fonction de leurs autres traitements, mais aussi de leur fonction rénale et hépatique.

Avec le vieillissement, l'incontinence n'est plus seulement liée à l'organe en lui-même (vessie, prostate), mais aussi à la dépendance, car des troubles moteurs ou cognitifs peuvent survenir. D'où l'intérêt pour le généraliste de travailler en réseau avec d'autres professionnels de santé : urologues au premier plan, mais aussi gériatres voire rhumatologues quand une prise en charge plus globale est nécessaire.

L'urologue pour préciser les causes, et traiter quand l'incontinence perdure

L'urologue est LE spécialiste de l'appareil urinaire, et donc de l'incontinence. En fonction des résultats d'examens transmis par le généraliste et de la façon dont le patient a réagi aux traitements mis en place par ce dernier, l'urologue va modifier le traitement médicamenteux ou orienter vers une opération chirurgicale. Il peut alors s'agir, par exemple, de poser des bandelettes urinaires, d'ôter la prostate, d'injecter du botox*** dans la vessie, de stimuler celle-ci électriquement...

Kinésithérapeute, sage-femme, ou médecin rééducateur pour l'éducation (ou la rééducation) périnéale

On connaît la rééducation périnéale**** destinée aux femmes après un accouchement, mais cette prise en charge peut avoir lieu à n'importe quel âge et les sages-femmes ont vu leurs prérogatives étendues pour intervenir aussi hors de la période particulière de la grossesse et du post-accouchement.

Le médecin généraliste et l'urologue peuvent donc orienter un patient (ou plutôt une patiente) vers l'un de ces professionnels de santé quand l'incontinence est dite d'effort : cela signifie que le périnée est en cause et doit être retonifié. Le but est alors de prendre conscience de ses muscles pelviens et d'apprendre à les maîtriser, au moyen d'exercices musculaires. Ce type de rééducation est destiné aux personnes motivées et dont les fonctions cognitives ne sont pas altérées.